Notre septième loup : une histoire belge !
D’où venait ce loup qui s’est fait remarquer par son audace le 18 janvier dernier pendant une battue en forêt de Quénécan, lorsqu’il a réussi à se faufiler entre deux chasseurs comme l’atteste une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux ? Le mystère vient de trouver sa réponse : Quénec, septième loup dispersant breton décrit d’après photo-identification par le GLB, était né en Belgique en 2021. Le résultat de l’analyse génétique d’un prélèvement réalisé par un vétérinaire de Corlay sur une brebis morte partiellement consommée vient de lever le voile sur son lieu de naissance.

L’origine de Quénec vient d’être précisée grâce à une analyse génétique.
Grâce à la génétique, l’origine de Quénec, notre septième loup identifié par photo-analyse est désormais connue. Il est issu de la première meute des Hautes-Fagnes en Belgique. Le laboratoire d’analyses génétiques GeColab de Liège vient d’en apporter la preuve à partir d’écouvillons de salive sur plaie de morsure.
On se souvient des images de ce loup postées sur Facebook par un chasseur lors d’une battue, le dimanche 18 janvier 2026 en forêt de Quénécan sur la commune de Saint-Brigitte. Sur la vidéo qui a amplement circulé sur les réseaux sociaux, on voit un loup passer derrière un chasseur en chasuble orange, sans que celui-ci le remarque.
Ce loup au phénotype particulier (museau clair, tache maxillaire, encolure contrastée, cuisses claires, queue bicolore…) avait été photographié une heure plus tard et 10 km plus loin, en lisière de forêt à Silfiac, l’OFB avait bien relevé une piste à cette occasion, mais aucun prélèvement n’avait alors été réalisé.
Le lendemain en revanche, à une douzaine de kilomètres plus à l’ouest, une brebis est découverte morte par sa propriétaire à Mellionnec. Elle est partiellement consommée et le signalement est fait à l’OFB. Olivier Le Cam, un vétérinaire de Corlay, particulièrement qualifié en matière de suivi des loups en Bretagne, accompagne un agent et réalise plusieurs écouvillonnages sur plaies de morsure dans le but de récolter de l’ADN provenant de la salive déposée lors de la prédation. Les prélèvements adressés par ce vétérinaire au GeCoLab à Liège en Belgique, ont dans un premier temps confirmé qu’il s’agissait bien d’un loup mâle d’origine germano-polonaise. Une analyse plus poussée d’individualisation a permis d’en préciser le génotypage individuel.
Après une recherche dans la base de données du Consortium européen sur le suivi du Loup, il s’est avéré que cet individu était déjà connu sous le code GW3175m. Ce résultat vient juste d’être communiqué au vétérinaire. Il s’agit d’un loup provenant d’une meute des Hautes-Fagnes à l’est de la Belgique près de la frontière allemande. Né « potentiellement en 2021 » ce serait alors un individu issu de la première meute qui s’est installée sur ce site belge qui en compte trois à présent. Un mâle qu’on nomma Akéla, était arrivé seul en 2018. Il avait ensuite été rejoint par une femelle, Maxima, en 2020-2021. Quénec, comme nous l’avons baptisé, serait donc issu de la première portée de ce couple nouvellement formé. Le processus de dispersion vers la France a dû intervenir assez tôt dans son cas puisqu’il n’a plus jamais été génotypé en Belgique depuis.
Âgé de cinq ans lorsqu’il a été observé à Quénécan, c’est un loup adulte qui vient rejoindre la liste des six autres individus photo-identifiés par le GLB depuis 2022. Pour assurer son suivi, une veille sur les photos et vidéos qui circulent est naturellement du plus grand intérêt.
Il convient d’ajouter une remarque d’importance non-négligeable portant sur l’effectif actuel de la population de loups de la région. A l’heure à laquelle se rédigent ces lignes, on connait trois individus présents dans nos paysages, ainsi donc que Quénec, le quatrième.
A .J. 23/05/2026