Le loup demain

Loup en captivité – Hervé Ronné

Le loup revient en Bretagne

Parmi les raisons du retour du loup dans la faune française, on trouve depuis la deuxième moitié du XXe siècle la déprise agricole, qui entraîne un développement de la forêt, et l’augmentation des populations d’ongulés, ses proies de prédilection. Début 2021, aucun élément vérifiable ne permettait d’affirmer la présence de l’espèce en Bretagne. Mais, conséquence des modes d’organisation sociale et d’occupation de l’espace du loup gris alliés à sa grande mobilité, un premier individu disperseur a été observé dans les monts d’Arrée. À ce jour, d’autres observations ont été signalées dans les départements du (très) grand ouest : Eure et Loir, Eure, Yvelines, Indre, Calvados, Vendée, Vienne, Haute-Vienne, Corrèze. Et plus proche le cadavre d’un grand canidé en Loire Atlantique en octobre 2021 était bien celui d’un loup mâle victime de la route. L’identification a été vite validée par l’OFB.

Loup d'Europe en captivité - Béatrice Dopita

Loup en captivité - www.ecologienoblet.fr

Une cohabitation à remettre en place

La disparition des loups bretons n’est pas ancienne : trois à quatre générations seulement ne l’ont pas connu dans nos paysages.

Au sommet de la chaîne alimentaire, cette espèce autochtone participera à la restauration de la biodiversité des milieux bretons. C’est pourquoi les associations de protection de la Nature sont mobilisées pour accompagner ce retour.

Malgré son statut d’espèce protégée, le loup est toujours vulnérable en France. Sa proximité avec l’homme est parfois source de conflits en raison de la prédation qu’il peut exercer sur les troupeaux. Il faut donc au plus vite mettre en place les conditions favorables à son retour. Ceci relève en grande partie de la responsabilité de l’État.

Le Plan national d’actions – Loup  prévoit d’ailleurs des mesures de gestion de l’espèce, l’octroi d’indemnisations en cas de prédations, et des tirs dérogatoires dans des contextes précis. Ces abattages, de plus en plus systématiques, dénoncés par les scientifiques, ne démontrent pas leur efficacité. Les associations ne peuvent donc pas cautionner ces tirs : la priorité doit être donnée à la mise en œuvre des moyens de protection des troupeaux.

Les actions à mener 

Dans premier temps, il s’agissait d’établir la connaissance de la matérialité de ce retour. C’est fait depuis le printemps dernier. Il nous faut maintenant suivre sa progression. Pour cela, il est nécessaire de disposer d’un réseau d’observateurs issus des associations, en lien avec l’Office Français de la Biodiversité, capable de produire des données fiables. Ce réseau existe : il est celui des naturalistes bretons. Les membres du Groupe Loup Bretagne sont adhérents du GMB et/ou de Bretagne Vivante. L’attention d’autres naturalistes et d’autres citoyens est aussi en éveil et à l’affût de toute information nouvelle.

Ces observations permettront de proposer une information scientifique objective aux habitants. Le Groupe Loup Bretagne est engagé pour contribuer à diffuser des nouvelles validées et débarrassées d’appels à des arrière-plans émotionnels.

Dès maintenant, les services administratifs (Préfectures, DREAL, DDTM, OFB…) en charge de l’application du Plan national d’actions – Loup doivent réunir les usagers de la nature (agriculteurs, chasseurs, promeneurs…) pour accompagner de manière bienveillante le retour de l’espèce. La Bretagne étant une région d’élevage, les pouvoirs publics ont la responsabilité d’informer les propriétaires sur les moyens de protection. Il y a peu de temps, la population rurale bretonne savait vivre avec le loup. Nous devons établir les nouvelles conditions de cette cohabitation.