Le loup demain

Loup – Hervé Ronné

Le loup bientôt de retour en Bretagne

Parmi les raisons du retour du loup dans la faune française, on trouve depuis la deuxième moitié du XXe siècle la déprise agricole, qui entraîne un développement de la forêt, et l’augmentation des populations d’ongulés, ses proies de prédilection. Début 2021, aucun élément vérifiable ne permet d’affirmer la présence de l’espèce en Bretagne. Mais, du fait de ses modes d’organisation sociale et d’occupation de l’espace alliés à sa grande mobilité, le retour du loup dans la région est de plus en plus probable à un horizon encore indéfini. À ce jour, les observations les plus proches ont été signalées à une distance de Rennes de 200 à 300 km, en Eure et Loir et en Indre. Et plus proche encore l’enregistrement d’une vidéo à Jard Sur Mer, en Vendée, le 14/05/2021 a été validé par l’OFB comme montrant bien un loup.

Loup d'Europe en captivité - Béatrice Dopita

Photo www.ecologienoblet.fr - Loup en captivité

Une cohabitation à remettre en place

La disparition des loups bretons n’est pas ancienne : trois à quatre générations seulement ne l’ont pas connu dans nos paysages.

Au sommet de la chaîne alimentaire, cette espèce autochtone participera à la restauration de la biodiversité des milieux bretons. C’est pourquoi les associations de protection de la Nature doivent accompagner ce retour.

Malgré son statut d’espèce protégée, le loup est toujours vulnérable en France. Sa proximité avec l’homme est parfois source de conflits en raison de la prédation qu’il peut exercer sur les troupeaux. Il faut donc au plus vite mettre en place les conditions favorables à son retour. Ceci relève en grande partie de la responsabilité de l’État.

Le Plan national d’actions – Loup  prévoit d’ailleurs des mesures de gestion de l’espèce, l’octroi d’indemnisations en cas de prédations, et des tirs dérogatoires dans des contextes précis. Ces abattages, de plus en plus systématiques, dénoncés par les scientifiques, ne démontrent pas leur efficacité. Les associations ne peuvent donc pas cautionner ces tirs : la priorité doit être donnée à la mise en œuvre des moyens de protection des troupeaux.

Les actions à mener 

Dans un premier temps, il nous faut identifier le retour du loup puis suivre sa progression. Pour cela, il est nécessaire de disposer d’un réseau d’observateurs issus des associations, en lien avec l’Office Français de la Biodiversité, capable de produire des données fiables.

Ces observations permettront de proposer une information scientifique objective aux habitants. Le Groupe Loup Bretagne sera disponible pour contribuer à diffuser des nouvelles validées et débarrassées d’appels à des arrière-plans émotionnels.

Dès maintenant, les services administratifs (Préfectures, DREAL, DDTM, OFB…) en charge de l’application du Plan national d’actions – Loup  doivent réunir les usagers de la nature (agriculteurs, chasseurs, promeneurs…) pour accompagner de manière bienveillante le retour de l’espèce. La Bretagne étant une région d’élevage, les pouvoirs publics ont la responsabilité d’informer les propriétaires sur les moyens de protection. Il y a peu de temps, la population rurale bretonne savait vivre avec le loup. Nous devons établir les nouvelles conditions de cette cohabitation.